Jour J – L’ultraskate de Miami 2016

Le Jour le plus LONG : l’Ultraskate
Le jour tant attendu est enfin arrivé. Après s’être préparé pendant des mois soit dans l’optique d’une course solo soit dans celle d’une équipe, on ne sent fin prêts pour les anciens, un peu plus fébriles pour les nouveaux. Le jour se lève à peine que Francois Paddle Road arrivé la veille et à deux doigts de passer la nuit sur la banquette du Van, est déjà à pied d’œuvre. Armé de sa lampe frontale, il récupère les dernières pièces manquantes et remonte sa planche. Il n’est pas en retard non non, juste pas en avance c’est tout. On commence à s’équiper de nos tenues respectives, jaunes pour la team, rouge pour les Dandy. Après un coriace petit déj on charge le matos dans le Van, on embarque Clark Blumenstein qui a réussi à trouver la veille toutes sa tenue et à finir sa board. Un miracle, on est presque à l’heure !

Direction le circuit de Nascar de Homestead où nous allons passer un peu plus de 24h en compagnie de la crème des riders de longue distance. Tensions à l’approche du circuit avec nos inévitables détours, la chaleur augmente. L’entrée du circuit passe par le contrôle des identités des occupants de chaque véhicule. Forcément derrière nous ça fait un peu la grimace ! Mais faut savoir se faire désirer de temps en temps. Les neufs salopards + Clark Blumenstein pénètrons sur le parking et choisissons notre emplacement sous le préau réservé le reste du temps aux aires de réglages des voitures de course. Tiens cette année le totem géant ne sera pas allumé. La course à l’économie commencerait elle enfin aussi ici ?
Allez on vide, pardon, on répand notre Van dans l’emplacement, histoire d’une part de marquer notre territoire, mais aussi pour vider le Van de ses sièges. Notre coach avait depuis sa Suisse lu la documentation du conducteur du Van loué et noté que l’on pouvait démonter son intérieur aisément. Nous voici donc avec un superbe salon d’angle, rien que pour nous. Il n’y a pas la vue mer, mais on a déjà les matelas gonflables qui eux par contre vont rapidement servir. Ce n’est pas que la fatigue nous guette immédiatement mais on sait que les phases de repos seront précieuses et ne devront pas être négligées. Connaissant l’event je choisis la même option que François, du repos entre chaque relai, obligatoire !
Pour les nouveaux c’est aussi la découverte de ce cadre unique et de cette ambiance tant décrits depuis la France ces derniers mois au travers de nos échanges Messenger. On peut lire sur leurs lèvres le fameux « bon bien ça y est, on y est les gars ! ». Ça rigole un peu moins du coup.
Les riders US sont déjà arrivés et font la queue aux inscriptions. J’emmène le Ben (Benoit Fournier) et pars récupérer le témoin électronique de la team. Au milieu de toute cette troupe du ldp, on se reconnait les uns les autres, se saluant bruyamment ou pas, mais s’encourageant mutuellement. L’ambiance est détendue mais néanmoins sérieuse. Je pense que tout le monde est conscient de l’importance de la course, et des sacrifices consentis. Mais on est ravis, ça se lit sur nos tronches. Allez, récup des éléments et retour au paddock. On détaille les installations Restroom, robinet d’eau, la ligne d’arrivée pour le décompte des tours, la zone de passage de relais que nous avons choisi, et puis on s’installe le long de la piste, étalant notre souk sur le muret. Stéphane Conus notre coach y établira son QG pour ces 24 heures non stop. Il y sera à la fois notre ange gardien, notre ravitailleur, notre réveil, il est en plus notre master en organisation. C’est grâce à lui que notre installation tient la route cette année et que nous nous éloignons du concept de 2015 : article 22, démerde toi comme tu peux ! Son aide nous sera précieuse et les Dandy en bénéficieront eux aussi.
Envie de faire un break ? Allez une petite vidéo !

 

Nous proposons à Pierre-yves Le Donge de débuter cet Ultra pour nous. Le traditionnel rassemblement pour la photo avant le départ à lieu. Je m’y glisse cette année, n’étant pas photographe en 2016. On lève nos planches, on beugle, et on se réparti sur la zone de départ.
Le speaker déblatère et puis le départ est donné. On y est !

Le départ en vidéo c’est ici :

Jerome Bevilacqua prendra la suite puis ce sera mon tour suivi de François. Les relais sont courts au départ avec seulement 2 tours chacun mais à un rythme rapide. Cela peut faire sourire certains septiques mais une fois sur place, enchaîner les tours pendant 24h à une moyenne de 21 km/h minimum ça nécessite un bon entraînement. Surtout pour les buts que nous nous sommes fixés : finir première équipe, et battre notre record de l’année dernière en visant les 500 kms parcourus.
Justement en ce qui concerne les autres équipes, cette année fut des plus modestes. Les motivations étaient là mais seules deux équipes concurrentes étaient présentes, et leur niveau de préparation s’éloignait bcp du nôtre. L’équipe la plus « méchante » de l’année dernière avait déclaré forfait peu de temps avant mais je ne les sentais de toutes les façons pas menaçants. Il faut quand même rappeler qu’aux US les équipes en LDP …. n’existent pas ! Nous leur avons prouvé l’année dernière que cela pouvait être amusant et sportif. Mais en 2016 il semble que la communication de l’organisateur n’a pas vraiment misé sur cet aspect et certaines personnes après l’épreuve nous ont carrément avoué ne pas savoir qu’il y avait une catégorie Team sur ces épreuves. Dommage encore, cela aurait ajouté un peu de piment dans la course. Là on s’est battu contre notre chrono.

Cette année nous avons droit à une nouveauté qu’Olivier Le Saintais notre ancien compagnon de 2015 nous avait prédit : le vent ! Cette manifestation de Dame Nature va pas mal nous perturber au final tout au long de l’épreuve. Steph ira même avec un anémomètre faire qq relevés pour détecter les endroits les moins pires où passer. Malheureusement le circuit ovale semblait faciliter la circulation du vent … en permanence à notre encontre. Son intensité ne variait pas et il n’eut pas vraiment d’endroit vent arrière pleine bourre. Mais dans ces cas là on se dit que l’on n’y peut rien et qu’il est aussi généreux avec les autres riders. Mais bon, avec tout ça hein je n’ai pas battu le record d’Olivier de l’année dernière ! Je m’en remettrais mais on a bcp pensé à lui en tout cas.
Nos relais s’enchaînent rapidement et nous passons à trois tours chacun après délibérations.

Notre moyenne est supérieure à 21 km/h et le coach me gronde.On a prévu des tours à 6.43, et là je suis 20s en dessous.Bon il a sûrement raison et je ne me vois pas tenir tout l’Ultra à cette vitesse. François quand à lui semble imperméable à toute souffrance et vise le meilleur temps au tour. Il y parviendra presque au final, mais au final aussi, ne sera pas si imperméable que ça. Il est humain, ça rassure. Mais ça on ne l’a su qu’il y a seulement 2 jours dans ses écrits…. (voir fin de texte, très bien écrit)
Les gars en jaune dépotent sur l’Ovale ! Padderoad en furie, pusher en sprint, et BullMastiff en rut pour le Pumping (le caniche c’est vraiment ridicule), toutes les techniques y passent. L’épaule tient le choc, et les vitesses atteintes frisent les 28-30 km/h par moment. Ca file sur la piste. Jérôme leur en fait voir de toutes les nuances de jaune.

 

Je démarre l’Ultra avec ma Blackkross PumpingJack sous les orteils. Une sacrée pumping machine équipée d’un setup des plus modestes, pour la démo sur ce genre d’épreuve justement. Les Blues Brothers et le reste de ma playlist m’accompagnent pendant mes runs. La musique me ramène auprès de mes proches, pour qui je roule maintenant, comme un clin d’œil d’un papa et d’un compagnon reconnaissant envers son cercle pour leur patience… On dépose littéralement presque tous les autres. Effectivement eux font 24h en solo. Enfin, ils ont signé pour cela à la base. Tous n’y parviendront pas et certains dont ce n’est pas l’objectif principal, s’imposent une très belle moyenne. J’ai eu pour « cible » un rider collant bleu que je n’ai réussi à rattraper qu’à la troisième tentative, tellement il allait vite. Sans parler du « train » de Gbomb qui s’est formé autour des meilleurs, chacun bénéficiant de l’aspiration de l’autre à tour de rôle. Je choisi à ce moment-là de passer moi aussi si une planche rabaissée, la Uncool que Pierre Yves m’a confectionné.

 

Nos Dandy Esteban (Stéphane Jouffre) et Ben ne font pas dans la figuration eux non plus. Après s’être synchronisé qq jours avant l’épreuve, ils roulent ensemble, interchangeant régulièrement la place du leader, permettant ainsi de maintenir une vitesse plus élevée. Ca fait plaisir de les voir fonctionner ainsi. Je pense que les ricains les ont eux aussi remarqué pour leur parfaite technique et leur moyenne très compétitive pour des nouveaux venus. La combinaison sera gagnante pour Esteban qui sera le plus endurant.William Faugere quant à lui respecte à la règle le planning prévu et tient sa moyenne. Pas évident car il roule seul et a moins de « bouteille » que nous dans le domaine. Mais il tient. Esteban s’étale sur la piste mais heureusement Ben, juste dans son derrière, l’évite de justesse. Ouf on a échappé à un rapatriement par fax ! Quelques souvenirs viendront garnir les bras de la victime mais tout est ok.
Ca va ? Vous tenez la distance ? Bien, allez , petite vidéo des Dandys :

La journée et les tours s’enchaînent, entre les barres de protéines chocolatées, les soupes chinoises, et au moins une palette de bouteilles d’eau. La chaleur est bien présente ainsi que les chasseurs Eagle de l’US Air Force dans le ciel. Ça ajoute un petit plus au spectacle d’avoir de gros aéronefs peu courants sous nos latitudes au beau milieu de ce ciel bleu azur. On se tartine de crème solaire, les américains préfèrent brûler. Ils seront servis. Nos relais deviennent de plus en plus sportifs. Je suis catapulté par Jérôme c’est énorme ! Il a une pêche hallucinante, et une sérénité de vétéran. Sa technique démontrée dans une vidéo de l’ultra est saisissante. Lorsque alors vient mon tour de catapulter le grand François c’est tout de suite moins impressionnant mais je tiens à tenir mon rôle de lanceur et sacrifie mon épaule à chaque fin de run ( Audrey Pennamen Pauchon, chère Kiné si tu me lis …) . Ça tient, on continue ainsi.

La fin de journée approche, le temps fraîchit rapidement et la partie la plus difficile commence maintenant. Après une douche hollywoodienne pour certains (signifiant eau chaude et vue sur le parking mais sans cigare…), un repas fourni par l’organisation, nous commençons à nous équiper pour la nuit. Elle tombe comme un couperet, et les degrés, lâches, s’enfuient par la même occasion. En plus des kilomètres engrangés dans la journée et qui maintenant se font sentir, il va falloir combattre le froid, et surtout l’humidité. Humidité de l’air puis ensuite celle de nos corps transpirants à grosses gouttes. Cette année j’ai prévu le plan B pour faire sécher mes fringues et me suis équipé de cintres pliants qui finiront suspendus dans les toilettes Hommes, seul endroit du site préservé de l’humidité. Nous utiliserons ce truc avec Pierre Yves pour limiter les runs en tenue humide. Notre coach s’équipe lui aussi chaudement et ne quittera plus sa tenue jusqu’au matin. Celui qui en souffre le plus est le plus îlien de nos équipiers : notre capitaine. Mais cette année on a là aussi prévu le coup et il sera bien protégé et bien équipé. On y tient !
Les Dandys font une pause en même temps que moi. Ils n’ont pas l’air détruits, je suis impressionné par leurs performances, et en même temps très fier. On n’est pas venu avec des Charlots pour faire du Boutis provençal ! Ouaip, super fier . Changement de tenue pour eux aussi et ils repartent dans la nuit. J’aurais au final peu de parcours communs sur la piste à ces moment-là avec eux car leur vitesse moyenne n’est pas si loin de la mienne.
J’ai demandé à Esteban un aperçu de ce qu’il a vécu lors de cet Ultra et voici ses saintes paroles .

Esteban :

« Sous les bons conseils de Jérôme qui m’avait bien amené à y réfléchir à l’avance (que tu en sois remercié ici et ailleurs, Jérôme), j’avais planifié les 24 heures : Mon objectif au départ était d’aligner les sessions de 2h25 (à peu près 42 km) entrecoupées de 30 minutes de pause. Ceci jusqu’à 23h00 avant une bonne pause de 2h30 avec un petit dodo. Au niveau alimentation : 1 barre énergétique salée ou sucrée ou bout d’une heure + 1 gel acides aminés-calcium-caféine au bout de la seconde heure + repas léger pendant les 30 minutes (pâtes instantanée, ou repas midi – soir – petit-déjeuner prévus par l’organisation) + de l’eau, de l’eau, de l’eau (je pense avoir bu facilement une dizaine de litres, je suis un gros buveur pendant l’effort…). Au niveau « bien-être » : massage jambes au Calendula pendant les pauses + crémage de toutes les parties soumises aux frottements… Ces objectifs ont été quelque peu bousculés positivement par la présence de BenSuperCarverFou, parce qu’avec un copain, le rythme explose en raison de l’émulation. Et là, émulation il y avait. Basée dans mes objectifs sur un 17.5 km/h de moyenne, notre vitesse a rapidement évolué vers du 18.5 km/h de moyenne avec des tours à 19.5 km/h. On avait beau se dire « faudrait ralentir là, on se pose derrière ceux-là qui roulent un peu plus doucement », rien n’y faisait, impossible de se brider… Mais c’est aussi ce rythme imposé par la formation de notre duo (que tu en sois remercié ici et ailleurs, Ben), ainsi que l’absence de pause longue pendant la nuit finalement, qui ont contribué à l’atteinte de mon objectif.
Comment résumer maintenant ces 24 heures ? Personnellement j’étais sur un nuage car rouler dans cet environnement, en compagnie d’égales et d’égaux (des longboarders, quoi), sans prêter attention à la circulation, sans se poser la question « maintenant, c’est par où ? », permet de se concentrer pleinement sur le plaisir de la glisse, permet également de se laisser bercer par l’alternance sonore accélération-décélération des roues en push ou encore par le bruit de l’accroche droite, gauche des roues en phase de pump… Le voyage sur ce petit nuage était également alimenté par le passage régulier devant le stand (137 fois, en fait… faut être fou) qui se traduisait par des gestes d’encouragement, des mots d’encouragements, et des aides au ravitaillement de la part de la Ride More Team aka Francois Paddle Road, Jerome Bevilacqua, Pierre-Pierre-yves Le Donge, Samuel Moret et Stéphane Conus (par ordre alphabétique car il faut bien un ordre de citation…). Sans oublier les échanges et mots sympathiques, voire même les petites piques surprise de paddle sur l’arrière train en position de vitesse (hein François ), sur la piste lorsqu’un des Ride More Boys me doublaient (ils sont rapides les bougres, fichtrement rapides) ou lorsque l’on se retrouvait sur la piste ou dans le stand avec Panta ou William. Tout ceci, comme signalé dans un autre post, a participé à l’atteinte des 200 Miles. Ce plaisir fut néanmoins brisé à deux reprises : une chute sans gravité lors de la seconde session (24ème tour) et la casse d’une vis lors de la troisième session (41ème tour)… »

De notre côté au fur et à mesure on perd un peu conscience du timing, sachant que le lever du soleil sera notre récompense suprême. Les autres concurrents se font de plus en plus discrets. En attendant on serre les dents, on récupère sur nos matelas, et quand vient le moment on s’extrait de la chaleur et l’on se remet en selle pour 3 tours à fond. J’en arrive à compter : mais de combien de temps vais-je disposer pour essayer de trouver le sommeil avant de repartir ? Malgré le confort, c’est toujours aussi difficile et je n’arrive pas à récupérer. Jérôme l’a dit, la nuit c’est l’enfer. Ben s’arrêtera pour dormir un peu, me demandant de le réveiller au bout de 45mn, sans succès. Ca s’annonce délicat pour lui maintenant pour se remettre en selle. Il semble cuit et s’engouffre dans son duvet, au chaud dans le van où Pierre Yves sommeille déjà. Ça caille. Esteban poursuit seul. William qui s’endort sur sa board fait lui aussi un arrêt dodo pour tenter de finir le lendemain dans de meilleures conditions. Sage décision.
A un moment donné notre rythme ralentit. On fatigue. François nous annonce qu’il va rouler pendant une heure tout seul pour que l’on aille se reposer pour de bon. Et pour une fois il est intransigeant ET autoritaire. On ne se fait pas prier ! Quel galant homme ce François, c’est vraiment chic de sa part. Son effort va permettre au reste de l’équipe de reprendre du poil de la bête. A chacun sa méthode. Je me glisse dans mon duvet spécialement acquis pour l’occasion, modèle sarcophage ultra light que j’avais proposé de partager avec François. « Laisse tomber le duvet, je te prêterais le mien sur place, t’inquiète !!! » Oui mais lui si jamais il parvient à rentrer dans le duvet, jamais il ne pourra le fermer, ou bien en ressortir complètement. Ben oui j’ai pris L et pas XL ! Même si on a fait de gros progrès, on ne peut pas tout changer d’un coup non plus dans notre mode de fonctionnement (voir dans les photos de l’album , version 2015 puis 2016). Mais il y a pire. Il y a notre capitaine venu avec sa Board et son couteau qui est obligé d’aller frayer avec le Ben pour lui prendre un peu de chaleur. Qu’il est bon ce Ben alors avec le Captain ! Un gros calin pour récupérer des degrés ! Ce doit être à force de partager leur lit depuis le début de semaine.
La course se poursuit tout au long de la nuit et nos seules cibles sont les gars du « Train ». Il s’agit du groupe de riders LDP les plus performants du moment, regroupés au sein d’une meute comprenant Rick Pronk, Andrew AndrasKyle Yan, William William Eric Frank ,Eric Eric Danger Palmer et d’autres qui resteront dans leurs roues quelques temps. Ce sont des cibles de choix pour nous car ils doivent nous permettre de profiter de leur aspiration (autorisée cette année) pour maintenir notre vitesse sans nous épuiser. Ils sont aux alentours des 21 km/h tout comme nous, mais par contre, ils arrivent à tenir cette vitesse à peu près à n’importe quel endroit du circuit ! Impressionnants, ils ne dorment pas et semblent encore très alertes même à cette heure avançée. Chacun guette l’autre presque comme au milieu d’une échappée de cyclistes. Sauf que là ils blaguent entre eux … Je rattrape ce train plusieurs fois, m’insérant dans la meute et permettant à d’autres riders de venir recoller pour ne pas perdre le groupe de tête. Après la course on va s’apercevoir que nous sommes plusieurs à leur avoir donné un coup de pouce. C’est grisant de se retrouver là, entouré de sacrés champions, et tenant leur rythme (pendant quelques tours seulement il est vrai), à apprécier tous les bruits d’uréthane sur le goudron, les mouvements alternant les push switchés tout en puissance d’Andy et les pump furieux d’Eric Palmer sur son proto de Clark. Du cinéma 3D à l’échelle 1, une aventure dont vous êtes le héros, c’est le cœur du poulet les gars ! On s’encourage à chaque relais pour ne pas quitter ce train d’enfer. Et ça marche. On les rattrape, on les double, on les retrouve plus tard. Tiens ? Il en manque non ? Ah oui, Andy a passé la seconde, ca y est. C’est quoi mieux qu’impressionnant comme qualificatif ? Giga balèze ? Ouais au moins.

La nuit s’en va et le jour daigne enfin revenir. Andy a prit la tête, rien ne l’arrêtera plus. Mais avant le lever du soleil un autre s’est relevé. Pour notre plus grand plaisir Ben est revenu sur la piste et repart de plus belle. Le repos lui a fait du bien et ses moyennes sont toujours bonnes. Avec l’arrivée de la lumière du jour nous décidons d’essayer d’augmenter le rythme et repassons à des relais de 2 tours. Ca file ! Pas le temps de réellement se reposer, on reste chaud en fait.
Esteban va atteindre son objectif . C’est très émouvant.

Esteban :
« Enfin, l’atteinte de l’objectif et l’impossibilité d’aller plus loin : 138 tours, 201 miles et quelques, plaisir de voir Coach Stéphane m’attendre derrière la ligne, me signaler que c’est bon et prendre cette photo à laquelle je ne m’attendais pas… et d’entendre le speaker (il parlait, il arrêtait pas de parler, c’était dingue) signaler mon nom et 200 miles : Aaaahhhhhh, je m’écroule… Gros câlin avec les copains (viril, quand même. Plutôt une accolade, sans larme évidemment, on est des Hommes… bon d’accord avec des larmes parce qu’on est des êtres humains, quoi )… 🙂 »

201 Miles le bougre ! Félicitations à toi Champion !

Ben et William Faugere restent sur la piste. William atteint son objectif et repartira avec son patch des 100 miles. Une très belle performance pour lui aussi.
Reste en lice le Ben qui reçoit alors toutes nos attentions lors de nos passages. En plus d’encouragements, nous essayons de l’inciter à nous suivre au plus près comme il sait si bien le faire , pour profiter ainsi de notre élan. On hurle 50m avant d’arriver sur lui pour le prévenir. On a du en réveiller quelques-uns qui dormaient debout. Et ça fonctionne pas mal d’ailleurs ainsi mais il ne peut tenir notre moyenne un tour complet comme il le fit en début de course avant de se raisonner. Ça le maintien cependant dans la dynamique et le lascar tient encore la route, sa motivation est intacte.
L’équipe enchaîne les relais, la fin de course approchant, la pression monte. Arriverons nous à battre notre record ? Les autres équipes sont Out depuis la veille, seul compte pour nous l’objectif des 500 kms. Mon tour approche, je me relève du bitume à peu près tiède, prend mon paddle, et puis … non. Finalement l’épaule a dit stop au petit matin. Pas grave, le Pumper Bullmastiff en rut gronde encore en moi pour la fin de la course et mes derniers relais ! Je m’élance, push, push, et remue frénétiquement à la façon du slalomeur qui cherche à prendre de la vitesse en augmentant l’amplitude dans le haut du corps. Et évidemment ça fonctionne. Je reprends des vmax à 26-27 km/h, il m’en reste encore ! Un régal de pouvoir finir ainsi la course au sein de l’équipe. Le dernier tour est pour moi, et je me jette dans un sprint ne sachant pas encore la distance réalisée.
500 ? Ou pas ?

Yes ! On y est parvenu !

Enorme joie forcément, on se congratule, on s’étreint, et on boite. Nous nous retrouvons tous ou presque sur la ligne d’arrivée, Dandy’s et Ridemore Team, pour ce magnifique moment. On a tous atteint nos objectifs, et c’est un pur délice que nous savourons à cet instant précis.
La remise des prix aura lieu dans la foulée un peu plus loin. Comme prévu les individuels sont reconnus par leurs pairs, et récompensés comme il se doit. Comme d’habitude les Team passent à la fin, et comme l’année dernière nous remportons la mise. Malheureusement comme en 2015 la distance que nous avons parcourue n’est pas citée. Presque frustrant si on ne s’y attendait pas. Mais lorsque nous regagnons nos rangs parmi la foule, nombreux sont ceux qui nous congratulent, nous serrent la pince, souriants. Eux sont conscient de ce que l’on a fait, et ils nous le disent. Et ça, ben ça fait vachement de bien !

 

On peut maintenant dire que pour 2016, mission accomplie !

 

 

 

 

 

3 thoughts on “Jour J – L’ultraskate de Miami 2016

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