La plus grisante des courses : La BombRace de Southbeach !

Après en avoir fini avec notre Ultraskate et remporté cette année encore le titre de la plus grande distance parcourue en équipe à Miami, nous nous préparions pour la dernière épreuve de cette semaine : la South Beach Bomb Race ! Euh c’est quoi une Bomb Race ? Simplissime : un paquet de riders au départ pour un sprint de +10 kms au milieu de la ville. Ah oui, AVEC la circulation des voitures et des bus puisque c’est une course pirate, sans aucun encadrement … Ca ajoute tout de suite un peu de saveur !

Celle de l’interdit forcément, mais aussi la petite dose d’adrénaline que l’on va forcément à un moment ou un autre rencontrer et s’administrer avec plaisir.
Le parcours nous est expliqué par André, l’organisateur de l’event. Speech au milieu de parc coincé entre les hôtels vertigineux et la mer. On retrouve une bonne partie des gars qui ont fait l’Ultraskate avec nous 24 plus tôt, mais aussi un bon paquet de nouvelles têtes, qui ont l’air très motivés pour en découdre. L’année dernière nous avions loupé le départ et pris la course en route. No Way cette année ! Je les tanne pour y être tôt. C’est réussi, on a une heure d’avance au bas mot. Heureusement que le courant passe bien dans l’équipe et on en profite pour échanger avec tout nos voisins skaters. Ben oui pendant un Ultra, on n’a pas trop le temps de causer avec les autres. Exception faite de l’organisateur avec qui Stephane et moi discuterons un long moment en plein milieu de la nuit sans savoir qui il était.
L’organisateur propose à certains s’ils le souhaitent, de les classer à la fin de la course et nous affuble d’un sticker à poser sur le casque. Me voilà dans la catégorie des +40. Un vieux quoi … On nous annonce 20 kms à parcourir à ce moment-là. Même pas peur après notre ultraskate.
Avec Ben et Francois on se motive pour se placer sur la ligne de départ mais les plus rusés d’entre nous sont les locaux et les cadors de la discipline. Ils squattent les premières lignes, alors on se cale pas trop loin. Je fais mon ancien combattant auprès du jeune fougueux Ben, qui finit par couper court en m’avouant rouler très souvent en urbain (comprenez au milieu de la route ou des piétons, à fond). Ok je me tais et attends le Go d’André.
Ca y est la meute est lâchée !!! Ben reconnaît très vite que, comme le vieux lui avait dit, ça part très très fort. On perd à ce moment-là Francois qui colle aux 3 premiers après s’être débarrassé de ceux qui osent rouler moins vite que lui. Coups de paddle ou pas , l’affaire est dans le sac et on le voit s’éloigner devant nous. Il nous fera l’accueil à notre arrivée, à peine essoufflé.
Notre groupe s’étiole peu à peu et on identifie nos camarades. Clark est de la partie avec sa board Full pumping. Il y a 2-3 ricains aussi mais surtout une authentique new yorkaise qui va nous mener pendant un moment et gentiment nous préparer les passages des carrefours. Oui, n’ayant pas prévu dans le règlement le respect des feux tricolores, nous avons choisi une NewYorkaise. Ca fonctionne très bien aussi et gare à toi si tu ne comprends pas qu’il faut nous laisser passer, elle, elle te l’explique !
Le rythme ne ralentit pas, loin de là, et on perd quelques coureurs. Clark est déposé mais on l’excuse, il a roulé brillamment un ultra tout seul, lui. Nous continuons avec Ben en improvisant une technique de tandem-pumping inédite pour moi. Le sentant très près de mon arrière de planche, je l’imagine aisément en aspiration . Sachant d’une part que c’est autorisé (enfin, pas interdit en tout cas), et que d’autre part nous allons alterner ensuite, cela ne me dérange pas du tout. Mais à sa petite phrase me disant « Surtout ne regarde pas tes roues arrières !!! », je le sens TRES près de moi. Nos techniques de pump sont très différentes. Lui a un style assez aérien hérité des techniques du Slalom alors que moi je suis bcp plus raide et fais surtout travailler le bas du corps. Tout ça pour dire que mes bras ne bougeant pas des masses, l’animal Lyonnais me poussait gentiment du coude, le temps pour moi d’accélérer et pour lui de profiter d’une zone d’aspiration. L’intérêt de tout ceci est qu’avec le petit vent de face et pendant un long moment nous avons réussi à dépasser les 25 km/h de cette manière sans s’épuiser outre mesure. Ca nous a permis de lâcher quelques téméraires qui s’évertuaient à nous rattraper. Nous arrivons ensuite au-dessus du pont qui nous ramène dans l’autre sens. Oh oh ?? Nous sommes à mi parcours et le GPS n’indique que 6kms. Le parcours sera donc plus court qu’initialement prévu. Le retour se fait pour Ben dans les fesses de notre New Yorkaise, et pour ma part, derrière eux , aux premières loges tel un voyeur. On la double mais on l’incite aussi à nous emboîter le pas. D’une part parce que l’on est pas des méchants coureurs et ensuite … parce que l’on ne connait pas vraiment le parcours.
La circulation se densifie assez vite. On longe les Bus, les voitures, les Cops, bref , c’est du Slalom urbain XXL. Il faut en permanence vérifier chaque angle de vue pour ne pas se laisser surprendre, et parfois se transformer en fax pour se faufiler dans cette circulation. Oups ! J’ai frotté mes kiwis sur un beau rétro de BMW M3 …  Les automobilistes restent cool, on est Dimanche et ils ne sont pas stressés. Poursuivant véhicule sur véhicule pour bénéficier d’une aspiration, Le Ben se déchaîne. Ouahh comme c’est beau ! Mais ca ne dure pas éternellement et celui-ci décide de pumper sur une flaque d’huile. Miaouuuu !!!! Grosse frayeur en le voyant s’étaler juste avant un carrefour, au cul d’une voiture arrêtée . On freine, je crie, j’ai vraiment peur pour lui. Lui se relève, « j’ai rien , j’ai rien !!! » puis repart. Les ricains ont ralenti pour vérifier que tout allait bien. Cool, On va pouvoir se les refaire !
On traverse ce foutu carrefour sous les regards des passants alertés par mes cris, et sous les klaxons d’un splendide camion de pompier arrivant d’en face. C’est ça aussi l’Amérique ! (fallait que je le place qq part celui là). Poursuivant puis dépassant nos ricains, on s’interroge sur la suite. Et là, notre rideuse nous paume et nous fait tourner du mauvais côté. Pas grave, entre temps personne ne nous doublé. Demi tour puis direction le finish à contre sens d’une avenue … rôôôhhh comme c’est interdit ça !! On se refait encore un fois nos trois ricains, puis décidons de les lâcher pour de bon, cette fois ci ça suffit. Et puis je reconnais le parcours.
Circulation à contre sens, refus de priorité, nous voici en vue de la ligne d’arrivée. Ben la franchit d’après son GPS à 32 km/h, en pumping bien sûr … Ca c’est fait !
Francois nous accueille et nous félicite. Lui finit 4 ème n’ayant pas osé se faufiler entre des véhicules et espérant que les 3 premiers ne passeraient pas, il perd le contact avec eux sur la fin de la course. Mais que n’aurais-je pas donné pour voir les têtes des trois premiers poursuivis par un fou et sa faux …
Etant identifié par mon sticker, André m’annonce une deuxième place dans la catégorie des vieux. Yes !!! J’en suis ravi. On a damné le pion à un paquet de jeunes tout de même et qu’est ce que l’on s’est marré ! J’adore cette course !
South Beach Bomb Race 2016 avec une erreur de parcours et un étalage de Ben sur le bitume : 30mn 35s , et des pointes à plus de 28 km/h. Non vraiment, on était pas venu pour faire du Boutis Provençal …

Nous rejoignent au fur et à mesure tout le reste de l’équipe avec Pierre-yvesStéphane JouffreJerome et Stéphane Conus qui ferme brillamment la marche. Tout le monde semble avoir apprécié l’épreuve cette année 😉

Vidéo filmée par Stéphane Conus :

https://vimeo.com/157517135

Et une autre filmée par le gagnant de l’épreuve, Joe Mazzone

Vidéo de la remise des prix, pour vous donner aussi une idée des riders, et du parc. Et en plus y a un Dandy rouge au milieu des grands ! 😉

 

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