Un Mercredi matin à Miami …

Mercredi, Miami Jour 3

Ce matin c’est à mon tour de bosser. Après le maintenant traditionnel petit déj du motel à base de sirop de sucre concentré en confiture et servi à volonté, direction le parking armé de ma raclette et de mon cutter. Un gros van blanc n’attend plus que la pose de la déco adhésive que Stéphane Conus et moi avons imaginés et réalisés. Il s’agit pour nous de littéralement véhiculer l’image de notre team et de celles de nos sponsors Ridemore, Easyriser, Blackkross, Sharkwheels, Gbomb, Riptide, Uncool Decks, Bossa Boards, Paddle Road, ainsi que de marquer les esprits par une subtile agression visuelle. Cette année Stéphane était aux commandes de la création visuelle et son travail fut très apprécié tout au long de la préparation. Le Jean Dujardin en peignoir jaune sur la page RideMore, c’etait lui. Beaucoup d’humour et de talent, il est notre coach pour l’épreuve de l’Ultraskate. On l’adore notre Suisse !
L’inspiration de la déco fut celle des vans de teams de skateboards des années fastes. Des bandes de couleurs vives, du gorille en colère équipé de Paddleroad sur fond de circuit de Homestead, le thème est posé. On annonce la couleur : on va faire une razzia cette année encore les gars ! Après coup on se rend compte que notre déco fait très Gay friendly avec ses bandes latérales. L’idée nous fait bcp marrer sachant d’autant plus que l’on y voit pas d’inconvénients et que l’on voyage uniquement entre hommes. Et qu’en plus c’est super beau !
Par contre la pose des stickers va nous prendre plus de 2h30 à Stef et à moi pour arriver à ce résultat. Pierre-yves et Stéphane Jouffre se joignent à nous pour finir la pose. Une activité très chronophage, mais le but est atteint et le van superbe.
https://vimeo.com/157898819:::https://vimeo.com/157898819

Piaffant d’impatience, le groupe se met ensuite en route. On charge le matos. L’objectif de l’après midi que nous a concocté Jerome est le Parc de Key Biscayne situé sur la route menant à Miami. Cette zone est parcourue de nombreuses pistes cyclables au beau milieu d’une forêt qui nous semble très différente des nôtres. On y découvre là encore une faune toute nouvelle et très accessible avec des écureuils et surtout des racoons, genre de sympathique raton laveur bien acclimaté à la présence des hommes. Arrêt resto puis découverte du site. Au large on aperçoit de vastes maisons sur pilotis qui semblent servir aux pêcheurs. C’est dépaysant et apaisant à la fois. Ici très peu de voitures, y a pas foule à cette période. De plus les pistes sont réservées aux vélos et autres usagers à roulettes. Le revêtement est top, l’esprit d’équipe intact, les tours s’enchaînent à vive allure. Allez un petit dernier pour la route ? Banco ! Accélérations, drafting, et dépassements sont au programme, avec en plus pour l’équipe Ridemore un entrainement au passage du relais en vue de l’Ultraskate. Ben oui sur Facebook on arrive à planifier beaucoup de choses mais on ne peut pas tout faire, bienvenue dans la vraie vie ! Jérôme nous imagine alors une méthode bien physique qui permet le passage du relais en complément de la projection de celui qui part. Une efficace catapulte. On verra si j’arrive à envoyer Francois quelque part , il faut bien 25 kg de plus que moi et 3 têtes et demie… Derniers tests avec les équipiers =>ok, on est bon pour la course.

Mais comment ne pas profiter aussi de la baignade … oui je sais c’est dur à lire mais la plage est juste à côté. On motive Esteban le plus frileux, et on va tremper. Pas mal pour un mois de février. Luxe suprême, on a même droit à une bonne douche avant de se changer. Ahh Francois, ça t’aurait plu. Enfin le cadre surtout ! Oui cette année pas de requins déclarés sur cette plage, tu aurais pu en profiter de manière bcp plus safe qu’en 2015.
On fait des photos de notre bande avec les kiwis de Ben, on finit nos chips avec les racoons, très sympas, on échange nos mails, et l’on se remet en route.

Cette fois ci direction SouthBeach, un quartier très sympa de Miami, où l’on peut rouler agréablement sur le bord de mer et où la nuit est très animée. Même si la vie nocturne du site promet, elle n’est pas à notre programme, pas vraiment la tête à ça. Nous choisissons donc de rouler sur ce bord de mer en meute, sur ce chemin piétonnier qui serpente entre hôtels immenses et le sable fin de la plage. Le soir ces plages sont interdites d’accès par la Police. Ca doit limiter les déboires de certains/certaines, quoique parfois le doute s’en mêle. Donc adieu pique nique les pieds dans l’eau. Heureusement il nous reste le bord de mer où de nombreuses personnes se baladent en couple, en famille, en trottinette, en vélo, mais aussi en longboard. C’est un peu surprenant de ne plus être les bêtes curieuses à roulettes qui se baladent dans le paysage. Ici c’est réellement monnaie courante, et à tous les âges. On se sent bcp moins seuls du coup.
Notre balade nocturne nous mène le long de magnifiques bâtiments ultra modernes, totalement éclairés, qui feraient frémir Nicolas Hulot tant ils sont proches de la mer. Autre philosophie dirons nous … L’architecture est très contemporaine et mériterait de nombreuses photos tant les formes, les jeux d’ombres et de lumières sont attrayants. On se surprend à interpeller l’autre à propos d’un angle de vue aperçu en route, espérant secrètement que l’autre l’ai pris en photo. Les piscines inoccupées sont superbes, et celles qui le sont sentent bon la fiesta ! Nos oreilles en profitent mais pas nos yeux, la lumière diminue sur notre trajet et le traître caillou guette notre inattention…
Notre chemin change bientôt de revêtement et se transforme en un ponton en bois. Ca roule quand même mais avec un peu plus d’attention. Je ride avec Ben et grand plaisir (qui fut notre 10ème équipier tout au long de ce trip !) et petites accélérations s’enchaînent au rythme des montées et descentes du ponton. Il en sera ainsi jusqu’à son terminus révélant une décevante banale impasse.

https://vimeo.com/157877905:::https://vimeo.com/157877905

Nous y ferons la connaissance d’un touriste suédois à vélo qui est assez intrigué par nos planches. Ben oui, elles n’ont pratiquement pas de truck arrière et sont diablement rabaissées. Ca change du tout venant pour sûr ! Ceci dit même les ricains dans la rue ne semblent pas connaître nos équipements pourtant originaires de leur pays. Embarquant notre suédois et son vélib pour le chemin du retour vers SouthBeach, nous nous mettons en quête du repas qu’il partagera avec nous. Après un passage dans un frigo, euh pardon, un supermarché local en mal de températures décentes, nous emportons nos vivres et nos boissons pour déguster le tout sur le bord de mer. Partage de bières, de grignotages, et de boards, on y est fin bien. Mais le temps grincheux finit par nous rattraper et la pluie commence à tomber. Pile poil, fallait que l’on rentre. Direction l’autre bout de SouthBeach à fond pour regagner le Van et le sec. Ca tombe dru ! L’avantage aux US c’est que rouler sur la route en ville ne relève pas du suicide collectif. Les gens semblent plus respectueux que par chez nous, et roulent moins vite. Même les taxis parviennent à te laisser passer aux intersections, c’est dire. Le plus virulent d’entre nous ouvre la voie et je le talonne. Ca pump vigoureusement et c’est grisant. Rassemblement de la meute et on rembarque dans le Van.
Mais, pour satisfaire la curiosité de certains d’entre nous, nous décidons avant de rentrer au motel à une heure de route de là, de nous offrir un passage en Van sur la rue la plus animée du coin, Ocean Drive, celle qui est coincée entre la mer et les activités touristiques. Bars, pool dance et danseuses nues, tout y est ! Enfin sûrement car avec la buée dans le Van on en a pas vu la moindre miette. Etait ce un fake, on a rien vu du tout. Ah si, on a croisé James Peters et ses amis, mais ils étaient habillés. James est un des pilier du ldp, dans le sens honorifique du terme, qui pratique assidûment la discipline quotidiennement. Toujours aimable, souriant, et disponible, c’est pour nous tous une source d’inspiration et de d’informations. On se salue à travers les vitres, contents de le retrouver cette année encore. Et on se fait repérer grâce à quoi ? Je vous le donne émile : le Gorille-Gay-Friendly et le nom de la team fièrement arboré sur les flancs du véhicule. Ca amuse James Peters et ca fait aussi marrer bcp de monde sur les trottoirs. Pas de doute, on fait sensation. A moins que ce ne soit la présence de 4 gars torses nus à l’arrière tentant vainement de sécher à l’intérieur …
La fin de l’avenue est proche, le chemin du retour au motel s’annonce enfin, on est cuits.

Le Captain branche le gps, caresse délicatement le poste cd pour solliciter les Kool and The Gang comme copilotes. Play.

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